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Photo @nana0ups (Instagram)

Par le feu était l’un des deux titres proposés dans la box de mars 2019. Avec un sujet très peu développé dans les univers Young Adult, ce texte est un véritable ovni, un roman coup de poing, bref, une expérience de lecture aussi poignante qu’incroyable qui a su conquérir de nombreux lecteurs, tant en Angleterre qu’en France – peut-être faites-vous même partie de ces lecteurs ?

Nous avons cherché à en savoir plus sur les raisons qui ont poussé les éditions Casterman à choisir ce texte pour une publication française. Shaine Cassim, éditrice de romans étrangers aux éditions Casterman, a eu la gentillesse de répondre à nos questions.

1. Par le feu est une oeuvre très différente de ce que l’on a l’habitude de lire dans le genre Young Adult. Qu’est-ce qui vous a poussé à choisir ce texte ?

Je cherchais depuis longtemps un roman qui traite de ce sujet mais je ne le trouvais pas. Quand j’ai lu Par le feu, c’était une évidence : c’était le roman que je cherchais depuis des années. La forme, les personnages, la façon de traiter le sujet sans pathos mais avec une émotion et une sincérité véritables. J’ai été saisie par l’urgence du propos : le fait que ce soit une question de survie personnelle pour cette jeune fille.

2. Les sectes sont un sujet peu voire pas du tout abordé dans les écoles françaises. Pensez-vous qu’il soit nécessaire d’en passer par la littérature pour avertir les nouvelles générations des dangers de tels groupes ?

Je pense que c’est un travail éducatif et préventif qui doit être fait par l’école. La littérature place le combat ailleurs : dans une intimité différente, un temps différent aussi qui fonde le rapport du lecteur à un roman. Comme le dit Will Hill, il n’a pas écrit l’histoire de Waco, il s’en est inspiré pour inventer autre chose car cela aurait été manquer de respect aux victimes de Waco que de faire de leur vie une fiction. En disant cela, il pose aussi clairement les enjeux : raconter l’histoire de Waco relève de l’information, raconter l’histoire de Moonbeam est l’apanage de la fiction.

3. Par le feu se lit, par bien des aspects, comme une véritable dystopie, mais contrairement aux dystopies, Par le feu est inspiré d’une histoire vraie. Pensez-vous que cela a vocation à toucher davantage les lecteurs ?

Est-ce que cette mention touche plus les lecteurs, je l’ignore. Je ne crois pas que cela change grand-chose, avant d’appartenir à un genre ou d’être inspiré d’un fait réel, un roman est un bon roman ou un mauvais roman. Par exemple, beaucoup de lecteurs ignorent que La Servante Ecarlate est une dystopie. C’est juste un grand roman qui les a marqués. 

C’est ainsi également pour La Métamorphose ou La Ferme des animaux, avant d’être identifiés par leur genre, ils sont uniques dans leur propos car ils racontent quelque chose de « vrai » dans la mosaïque des sentiments ou des actes, peu importe leur véracité première. Il me semble que le genre ou l’inspiration de faits réels qualifie un texte et c’est tout, il ne gage de rien de plus ni de moins.

4. Comment avez-vous entendu parler de ce texte ? De façon générale, de quelle manière fonctionnez-vous pour trouver les textes étrangers que vous publiez ?

Je suis en contact régulier avec des agents et des directrices ou directeurs de droits qui m’informent que telle ou telle maison qu’ils représentent, va publier un roman qui traite de tel ou tel sujet. Soit on se connaît bien, et ils me disent « Je te l’envoie. Cela pourrait t’intéresser », soit ils me le soumettent tout simplement. Dans les deux cas, ils m’envoient une version non définitive. Une fois lu et si cela me plaît, je leur fais signe – après avoir obtenu l’accord de ma directrice éditoriale, Céline Charvet, et de ma directrice générale, Charlotte Gallimard, que nous sommes intéressés à en acquérir les droits en langue française.

5. Y a-t-il d’autres sujets que vous aimeriez voir publiés dans un avenir proche ? Des thématiques qui vous tiennent à coeur ?

Je cherchais un roman sur les réseaux sociaux et le mal que cela peut faire quand on est dépassé par ce qui peut arriver. Je l’ai trouvé ! Il s’appelle The Burning (titre français en recherche) et il est signé Laura Bates, une féministe anglaise qui a su trouver le ton et les mots justes pour raconter l’histoire d’une adolescente exposée aux réseaux sociaux par la diffusion malveillante d’une photo d’elle dénudée. J’y ai aussi lu le lien entre cette jeune fille et sa mère, le moyen qu’elles doivent trouver pour être solidaires et ensemble contre ce qui essaie de mettre en pièces leurs vies. Il y avait plus qu’un roman sur la rumeur et c’est en général ce que je cherche, un roman qui est un peu plus que son sujet, si je puis m’exprimer ainsi. Nous allons aussi publier un très grand roman à l’automne 2020, mais pour l’instant, on entretient le suspense…

Nous tenons à remercier une nouvelle fois les éditions Casterman pour cette interview ainsi que pour le travail fourni dans la publication de ce fabuleux roman qu’est Par le feu.

Quelle a été votre expérience face à ce livre ? Le recommanderiez-vous à votre entourage ? Pensez-vous qu’il est important de lire ce genre d’ouvrage pour se rendre compte de certains dangers ?