Focus sur "La Boîteuse"

Titre : LA BOITEUSE

Auteur : Françoise Grard

Publication : 3 octobre 2016

Editeur : Gulf Stream (collection Electrogène)

Nombre de pages : 264

 

Résumé : Trahie par Wilfred, qui l'a abandonnée seule et blessée au milieu des Highlands désertes, Aurore, revenue infirme d'Ecosse, se protège des autres et de l'amour comme elle le peut. La jeune femme se reconstruit à tâtons et étouffe en elle colère et angoisses, bien décidée à ne plus jamais entendre parler de celui qu'elle a tant aimé. Mais à la suite d'étranges révélations et de signes inquiétants, elle doit se résigner, malgré elle, à remonter sa piste. Tandis que le mystère s'épaissit, elle s'aperçoit que, prise au piège des apparences, elle s'est trompée sur lui. Découvrir la vérité sur Wilfred entraînera la jeune fille au cœur de lourds secrets et d'un terrible drame familial. 


Ce qui nous a plu

  1. LA BOITEUSE est un roman à l'ambiance sombre et nuageuse, dont une partie se déroule dans les Highlands écossaises, à la fois majestueuses et inquiétantes. 
  2. C'est un roman immersif dans lequel le lecteur se retrouve dans la tête d'une jeune femme traumatisée qui doit réapprendre à vivre et à faire confiance aux autres. Les images sont belles et les émotions particulièrement réalistes.
  3. C'est aussi un roman mystérieux et inquiétant, au suspense constant et aux révélations explosives !

L'auteure en bref

  • Françoise Grard est née au Maroc et a passé son enfance à parcourir le monde avant de suivre des études de lettres à Paris. Aujourd'hui, elle est professeur de lettres en région parisienne et écrit des romans pour la jeunesse depuis 1998.
  • C'est dans le roman qu'elle trouve son lieu d'expression privilégié pour embarquer ses personnages dans des histoires où leur adolescence se confronte aux enjeux de leur âge : l'amitié, le premier amour, les relations familiales, le monde scolaire. Elle les met également à dure épreuve en les entraînant dans des intrigues policières au fantastiques.

Mini interview #2

Dans notre box d'octobre, nous vous proposions une interview pour découvrir les raisons ayant poussé Françoise Grard à écrire son roman La Boîteuse. Dans l'interview ci-dessous, nous vous invitons à en apprendre plus sur le processus d'écriture de l'auteure, sur ses impressions ainsi que sur ses projets à venir. 

[Attention : spoilers !]

 

 

Les paysages et le mauvais temps si propres aux Highlands écossaises participent beaucoup à l'ambiance sombre et nuageuse du roman. Etiez-vous sur place au moment d'écrire les scènes qui se déroulent en Ecosse ?

 

Les paysages écossais tiennent en effet une grande place dans l'atmosphère oppressante du roman La Boîteuse. C'est un pays où j'ai séjourné deux fois et qui m'a beaucoup marquée. C'est sur la base de ces souvenirs que j'ai campé le décor du roman. J'ai remarqué que la mémoire est beaucoup plus inspiratrice que la réalité immédiate. Comme s'il fallait "digérer" les lieux pour pouvoir les évoquer dans ce qu'ils ont eu pour nous de plus touchant.

 

Comment fait-on pour se mettre dans la tête d'une personne qui a vécu un tel traumatisme ? Y a-t-il un peu d'Aurore en vous ?

 

Pour évoquer de façon aussi précise et aussi "ressentie" le traumatisme d'un tel accident, on n'a rien inventé de mieux que de l'avoir vécu. Il y a deux ans maintenant, en voulant comme Aurore photographier un mouton écossais, je me suis fait une triple fracture ouverte de la cheville. J'avais, contrairement à elle, la chance d'être bien accompagnée et secourue.

Mais beaucoup de détails sont authentiques : la route jusqu'à Inverness et le médecin surgissant pour renoncer heureusement à réduire la fracture sans anesthésie, l'Hôpital d'Inverness, sa salle commune et la gentille Kathleen, la difficile rééducation et le rôle de la piscine.

Mais contrairement encore à Aurore, ma récupération a été quasi complète.

Que met-on de soi dans un personnage principal ?

Je dis souvent à mes jeunes lecteurs lors de nos rencontres qu'écrire c'est se déguiser : on se déguise en garçon si on est une fille, on change de génération, de nationalité, etc...

Aurore pourrait être ma petite sœur si tant est que les sœurs se ressemblent. Je lui ai attribué mon amour de la littérature, un caractère rêveur et incurablement sentimental, mais pour aggraver son cas (c'est plus drôle ; en littérature on exagère toujours), j'ai fait d'elle une "susceptible asociale", ce que je ne suis pas du tout !

 

L'intrigue est marquée par un certain intimisme mais est aussi rythmée par plusieurs scènes où l'intensité dramatique est plus forte. Quelles sont les scènes que vous avez préféré écrire ?

 

De même que d'un voyage on garde un souvenir inégal des différentes étapes, de même, on reste dans le souvenir plus ou moins intense des scènes du roman qu'on a écrit.

L'intensité de ce souvenir est relatif à un sentiment très particulier et très jouissif pour l'auteur, qui est celui de vivre la scène qu'il est en train d'évoquer. Le décor imaginaire s'impose à lui comme s'il l'avait connu dans la réalité, il croit entendre les voix des personnages qu'il met en scène.

On ne peut guère expliquer pourquoi telle scène plutôt que telle autre nous a fait "vivre" ce qui la constituait. Ce n'est pas affaire de conviction ou de degré d'importance dans le déroulement de l'intrigue. Dans La Boîteuse, c'est la scène qui confronte pour la première fois Aurore aux parents de Wilfred dans l'élégant cottage qui m'a donnée l'impression de la vivre. Il me semblait sentir l'odeur d'encaustique des vieux meubles. Ainsi que la scène où elle surprend Wilfred dans le hangar à bateaux. Si j'y pense, je revois la mer plate avec ses reflets de plomb et je sens l'odeur du varech et des coquillages écrasés.

 

Avez-vous prévu de retourner aux romans pour la jeunesse ou bien allez-vous continuer dans la voie de La Boîteuse ?

 

Pas de véritable programme au sens restrictif pour l'avenir : je voudrais tout faire ! J'ai toujours aimé écrire pour les plus jeunes, sans doute parce que l'enfance me tient terriblement à cœur.

Mais écrire La Boîteuse me laisse déjà nostalgique de l'expérience que ce texte a constituée. Je fais des plans...

Et je suis lancée par ailleurs dans des projets de littérature pour adulte avec l'obstination qui me caractérise...

Nous tenions à remercier Françoise Grard pour les deux mini-interviews qu'elle a bien voulu nous accorder ainsi que pour sa gentillesse.

Nous espérons que vous avez apprécié ce magnifique roman autant que nous ou que ces interviews vous ont donné envie de le lire.

Merci pour votre fidélité et votre confiance.

 

A bientôt pour de nouvelles aventures livresques !

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